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Collecter les leçons apprises sur l’utilisation de la MERA : test pilote au Burkina Faso, REH, 04/26

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Le « projet pilote MERA », lancé en janvier 2026 au Burkina Faso, vise à collecter les leçons apprises sur l’utilisation de la Matrice multisectorielle d’analyse des risques environnementaux (MERA) par les équipes terrain de 13 ONG internationales et nationales. Un atelier de co-analyse a été organisé le 22 avril 2026 à Ouagadougou, avec l’appui du Groupe URD. Il a réuni une trentaine de participants, représentants de 11 organisations impliquées dans le pilote et 2 organisations observatrices, la DG ECHO et Hulo, témoignant de la dynamique collective qui entoure ce processus.

Le contexte : le GT Évaluations Environnementales du REH

Le Réseau Environnement Humanitaire (REH), à travers son Groupe de Travail sur les Évaluations Environnementales (GT EE), vise à améliorer l’intégration des enjeux environnementaux dans les projets en promouvant l’utilisation d’outils d’évaluation environnementale rapide.

En 2024, le groupe de travail a développé et lancé la MERA, une matrice multisectorielle d’analyse des risques environnementaux dans différents secteurs humanitaires : Eau Hygiène et Assainissement (WASH), Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence (SAME), Santé mentale et Soutien Psychosocial, et Santé & Nutrition.

Un pilote multi-protocoles impliquant 13 ONG

Le projet pilote vise plus spécifiquement à identifier des recommandations pour une révision éventuelle de l’outil (contenu, format, etc.), de sa fiche de présentation et de la Procédure opératoire standard (SOP) pour conduire une évaluation environnementale rapide. Deux protocoles ont été testés : l’utilisation de la MERA seule, et l’utilisation combinée de MERA/NEAT+.

Dans un premier temps, deux formations à destination des organisations participantes ont été réalisés, réunissant 47 participants. Ensuite, les équipes des ONG ont réalisé, en mars-avril 2026, en autonomie et avec un accompagnement à distance du GT EE, les évaluations environnementales de leurs projets, selon les différents protocoles. Les organisations participantes – ACF, AIRD, CEAS, Concern, CRBF, CRS, GRAD-A, IQRA, PUI, SI, Solidev, TdH et Tintua – couvrent des secteurs et des zones d’intervention variés à travers le Burkina Faso.

L’atelier de co-analyse : une étape clé

L’atelier de co-analyse organisé le 22 avril par le GT EE, constitue une étape clé du processus : il permet aux équipes participantes d’analyser collectivement les résultats des évaluations réalisées et d’identifier les enseignements pour l’amélioration de la MERA et des pratiques d’évaluation environnementale.

Les discussions ont permis de comparer les résultats et processus des deux protocoles, de dégager leurs forces et limites respectives, et de formuler des recommandations concrètes. Il en ressort notamment que la MERA est jugée plus simple d’utilisation et plus rapide d’accès, tandis que le NEAT+ est apprécié pour sa prise en compte du contexte environnemental local, ce qui peut conduire à des mesures d’atténuation différenciées selon les zones d’intervention. La complémentarité des deux outils a ainsi été confirmée par les participants. Les recommandations d’amélioration de la MERA, travaillés en format World Café, portent sur trois axes principaux : le contenu des modules sectoriels ; le format ; et la facilité d’utilisation.

La DG ECHO, présente en qualité d’observateur, a salué la qualité des échanges et rappelé son soutien à l’intégration des évaluations environnementales dans les propositions de financement. Les représentants ont souligné que chaque risque identifié doit être accompagné de mesures d’atténuation budgétisées et assorties d’indicateurs, un message fort adressé à l’ensemble du secteur.

Les prochaines étapes

Les livrables attendus du pilote sont : un rapport d’analyse par projet (incluant un Plan de Gestion Environnementale) de la part des participants et un rapport de capitalisation. Un webinaire de restitution interne est prévu en juillet et une restitution publique est prévue en septembre 2026, suivi d’une diffusion large des résultats.

Ce pilote est réalisé dans le cadre du projet APIC 3 (Apprendre et Innover Face aux Crises) du Groupe URD, avec le soutien de l’Agence française de développement, la Fondation de France, la Région Auvergne-Rhône-Alpes & la Principauté de Monaco.

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